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Du Kendo à l’école

Un projet autour du Kendo, du plurilinguisme et de l’ouverture culturelle

En juin 2026, l’association Musashi Kendo Colomiers a participé à un beau projet pédagogique mené par Delphine Guillot, enseignante itinérante UPE2A, autour de la découverte du Kendo à l’école. Quatre classes ont ainsi eu l’occasion de découvrir cet art martial japonais et de partir à la rencontre de la culture japonaise.

L’UPE2A est un dispositif destiné aux élèves allophones nouvellement arrivés en France. Il leur permet de développer leurs compétences en français tout en favorisant leur inclusion au sein de leur classe ordinaire. Le plurilinguisme et l’interculturalité occupent une place importante dans ce dispositif.

Le projet est né d’une volonté commune de faire découvrir le Kendo à des élèves qui connaissent peu ou pas cet art martial, tout en faisant des élèves UPE2A de véritables ambassadeurs du Kendo et des langues qu’ils connaissent.

Une première rencontre avec le Kendo

Pour débuter le projet, Erwin Yonnet, 7e Dan de Kendo et enseignant du groupe enfants de Musashi, est intervenu directement dans les classes. Accompagné d’un jeune kendoka de l’école, il a proposé une initiation d’une heure permettant aux élèves de découvrir les principales caractéristiques de cet art martial japonais.

Alice, kendoka CM1 : « J’ai trouvé ça bien de faire découvrir le kendo à des élèves de l’école et de leur apprendre des choses qu’ils ne connaissaient pas avant. »

Au programme :
• présentation du kendo : son histoire, ses origines, ses fondamentaux, son équipement ;
• initiation aux trois principales frappes : Men, Kote et Do, avec des sabres en mousse ;
• observation d’un combat et de ses principales règles ;
• échanges avec les élèves et réponses à leurs nombreuses questions.

Manon, CM1 : « J’ai bien aimé la tenue de Kendo, j’ai trouvé cela drôle l’intérieur du casque. J’ai aimé manipuler le sabre en plastique et surtout voir le vrai sabre. »

Cette première approche a permis aux enfants de découvrir un univers souvent méconnu et de comprendre que le Kendo ne se résume pas à l’utilisation d’un sabre : il repose également sur des valeurs, une discipline, des règles et un profond respect du partenaire.

Enzo, kendoka CM1 : « C’était chouette de montrer un combat de kendo avec Erwin à ma classe. En plus j’ai gagné ! »

Les élèves deviennent à leur tour transmetteurs

Suite à cette initiation, les élèves du dispositif UPE2A ainsi que les jeunes kendokas présents dans les classes ont préparé puis animé eux-mêmes plusieurs ateliers plurilingues autour du Kendo.
Répartis en petits groupes, les élèves de la classe ont pu découvrir différentes facettes de l’univers du Kendo tout en manipulant les langues.

Les ateliers proposaient notamment de :
• compter de 1 à 10 en japonais ;
• découvrir et écrire quelques kanjis ;
• découvrir les différents grades du Kendo ;
• identifier les éléments de l’équipement du kendoka ;
• reconnaître les noms des principales frappes ;
• comparer les mots du Kendo dans différentes langues.

Chaque élève disposait d’un livret lui permettant de conserver une trace de ses découvertes.

Mila, CM1 : « J’ai appris les parties du corps en japonais grâce à ça, ainsi que les nombres en japonais jusqu’à 10. »

Le Kendo comme support du plurilinguisme

Au-delà de la découverte sportive et culturelle, ce projet a permis de travailler de nombreuses compétences langagières. Pour les élèves UPE2A, il s’agissait d’une occasion concrète de réinvestir les compétences travaillées tout au long de l’année en français, mais également de valoriser les langues qu’ils connaissent et leur propre parcours culturel. En devenant eux-mêmes animateurs des ateliers, ils ont été placés en situation de transmettre leurs connaissances à leurs camarades. Une manière de prendre confiance, de valoriser leurs compétences et de trouver une véritable place au sein du groupe classe.

Jenny, UPE2A et CM2 : « J’ai énormément aimé l’atelier Kendo, c’était super intéressant et drôle. C’est un art martial qui aide beaucoup avec la patience et le contrôle mental. L’atelier plurilingue c’était mon préféré car apprendre les langues me va très bien. Cela m’a aidé beaucoup pour avoir plus de confiance sur moi pour pouvoir parler en classe. Merci beaucoup Erwin et Delphine ! »

Les autres élèves ont, quant à eux, été placés en situation d’allophonie : en découvrant quelques mots et un système d’écriture qu’ils ne connaissaient pas, ils ont pu expérimenter les difficultés que peut représenter l’apprentissage d’une nouvelle langue.

Une façon très concrète de développer l’empathie, la curiosité et le respect envers ceux qui apprennent le français.

Mme Keller, enseignante de CM1 : « Ce projet a permis d’inverser les rôles traditionnels de l’apprentissage en plaçant les élèves en passeurs de savoirs. De plus il a permis à tous une découverte d’un sujet peu connu, plaçant les élèves sur un pied d’égalité face à la nouveauté. L’intervention du professeur de kendo a offert à la classe un dépaysement total. »

À la découverte du Japon et de ses cultures

Le projet a aussi permis aux élèves de découvrir certains aspects de la culture japonaise à travers le Kendo. Ils ont notamment pu s’interroger sur :
• l’histoire et les origines du Kendo ;
• l’héritage des samouraïs ;
• la langue japonaise et ses différents systèmes d’écriture.

Cette découverte a permis de développer leur ouverture à une culture différente de la leur.

Valoriser les apprentissages

À l’issue des ateliers, un temps de mise en commun permet aux élèves de revenir sur leur expérience, de partager leurs découvertes et de faire le bilan de ce qu’ils ont appris. Pour clôturer le projet, chaque enfant a reçu un diplôme, venant symboliser sa participation et son implication.

M. Birbes, enseignant de CM2 : « Les élèves de la classe de CM2 ont vécu une journée d’exception placée sous le signe du Japon et du partage. Dans le cadre d’un projet interdisciplinaire, ils ont bénéficié d’une initiation au kendo, cet art martial japonais du maniement du sabre. Après avoir appris les postures et gestes de base, la classe s’est transformée en laboratoire linguistique. Les enfants ont ainsi découvert le lexique technique de la discipline avant de s’initier plus largement à la langue japonaise, guidés par l’un de leurs camarades qui la parle couramment.

Cette journée a également été le point d’orgue d’un travail d’inclusion remarquable. Les élèves allophones de la classe, accompagnés par l’enseignante de l’UPE2A, ont pris les commandes de la journée en animant des ateliers préparés minutieusement en amont. Une occasion idéale et concrète pour eux de surmonter leur timidité et de pratiquer le français en public. Un moment riche en sport, en culture et en citoyenneté qui restera gravé dans les mémoires de l’école. »

Cette journée a également été le point d’orgue d’un travail d’inclusion remarquable. Les élèves allophones de la classe, accompagnés par l’enseignante de l’UPE2A, ont pris les commandes de la journée en animant des ateliers préparés minutieusement en amont. Une occasion idéale et concrète pour eux de surmonter leur timidité et de pratiquer le français en public. Un moment riche en sport, en culture et en citoyenneté qui restera gravé dans les mémoires de l’école. »

L’association Musashi Kendo Colomiers est heureuse d’avoir contribué à cette rencontre entre le Kendo, l’école, les langues et les cultures, et remercie les enseignants, les élèves et tous les participants qui ont permis à ce projet de voir le jour.

Delphine GUILLOT

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